Mise en ligne le 29 janvier 2026
L’approche conductive est inspirée de l’éducation conductive créée dans les années 1940 par le docteur András Petö à Budapest (Hongrie). Elle s’adresse aux enfants présentant une paralysie cérébrale ou polyhandicap, et vise à les aider à apprendre à faire par eux-mêmes dans leur vie quotidienne. Aujourd’hui, cette approche est utilisée dans de nombreux pays et se développe dans les établissements d’Envoludia.
Comme dans l’éducation conductive, l’approche considère que chaque enfant, même très limité par ses difficultés motrices ou cognitives, peut apprendre et progresser.
L’objectif est simple : lui permettre d’être le plus autonome possible, grâce à des apprentissages intégrés dans tous les moments de la journée.
Il ne s’agit pas de séparer rééducation et éducation : tout fait partie de l’apprentissage, comme s’habiller, se déplacer, manger ou participer à une activité. Chaque instant devient une occasion de progresser.
Notre association, constatant que les personnes polyhandicapées disposent de très peu de pédagogies réellement adaptées à leurs besoins complexes, a fait le pari d’adapter les ressources de la pédagogie conductive à ce public. Depuis 2017, l’IME Les Hortillons expérimente et développe cette approche au quotidien.
L’approche conductive bénéficie pleinement aux personnes polyhandicapées car elle propose une pédagogie spécifiquement pensée pour elles qui s’appuie sur leurs capacités, même minimes, et transforme le quotidien en un véritable temps d’apprentissage. Elle structure le temps, l’espace et l’action, favorise la communication multimodale, assure une cohérence d’équipe rare, soutient les familles et valorise chaque réussite, même infime.
Forte de ces années de pratique, Envoludia souhaite aujourd’hui diffuser cette démarche dans tous ses établissements enfants pour offrir un socle commun aux équipes, harmoniser les pratiques et favoriser l’autonomie des jeunes.
Pour aider le jeune à progresser, son environnement est soigneusement organisé : des rituels qui rassurent, des repères qui structurent le temps et l’espace, des supports visuels ou tactiles et un langage clair, souvent accompagné de gestes ou de pictogrammes pour faciliter sa compréhension du monde qui l’entoure.
Ces repères permettent au jeune de mieux comprendre ce qui va se passer, de participer davantage et d’associer ses intentions à ses actions. Il développe ainsi son pouvoir d’agir et sa conscience de soi.
Inspirée du rôle du « conducteur » inventé par Petö, l’équipe professionnelle fonctionne comme un orchestre. Trois éléments complémentaires sont mis en place :
Tous les professionnels peuvent être C1 ou C2 selon l’activité : accompagnants, éducateurs, enseignants, kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes… On parle alors d’équipe conductive.
Cette transdisciplinarité jugée comme « strictement nécessaire dans le champ du polyhandicap » d’après Georges Saulus (médecin-psychiatre et philosophe, pionnier dans le champ du polyhandicap) permet d’enrichir les pratiques, de renforcer le regard croisé sur les compétences du jeune et de soutenir le transfert des apprentissages dans le quotidien.

L’approche conductive utilise beaucoup la verbalisation : expliquer ce qui va se passer, décrire les gestes, encourager, valoriser. La parole est systématiquement accompagnée de gestes et de supports visuels (CAA), de chants ou de rythmique. Ces éléments aident l’enfant à anticiper, se concentrer et organiser ses mouvements.
L’intention rythmique soutient la réalisation des gestes : anticiper, organiser, exécuter. Pour les jeunes polyhandicapés, le séquençage est précis et adapté. Même un enfant très dépendant peut ainsi mieux comprendre ce qu’on attend de lui et participer davantage.

Les activités éducatives, motrices, sensorielles ou scolaires sont structurées et servent toujours un objectif fonctionnel : aider l’enfant à être acteur dans son quotidien.
Les temps du repas, des changes, de l’accueil, du départ, mais aussi les jeux, les déplacements ou les moments de temps calmes sont autant d’occasions d’utiliser les compétences travaillées au cours des activités. L’équipe cherche toujours le “petit pas en plus” qui permettra à l’enfant de progresser.

Les parents connaissent leur enfant mieux que personne. Ils sont donc associés à la définition des priorités éducatives et thérapeutiques.
Les apprentissages sont pensés pour être transférables à la maison : alimentation, installation, routines, déplacements… Quelques exemples : participer à son déshabillage, reconnaître son porte-manteau, s’installer correctement sur une chaise, participer au change (lever les fesses, se tourner…), prendre son repas avec les bons gestes, se repérer dans la journée, développer ses habiletés sociales en récréation.
Cette continuité entre établissement et famille renforce les progrès de l’enfant et valorise les compétences parentales.
L’approche conductive cherche avant tout à mettre l’enfant en situation de réussite. Si un objectif n’est pas atteint, ce n’est pas l’enfant qui est en échec : c’est l’attente qu’il faut adapter.
Toutes les attentes sont verbalisées, écrites, évaluées et ajustées pour définir quel élément du quotidien il faut travailler. Cette vision positive motive l’enfant, renforce la confiance des familles et redonne du sens au travail des professionnels.
L’approche conductive transforme le regard porté sur les enfants présentant un polyhandicap : ils ne sont plus seulement des personnes à soigner, mais des sujets capables d’apprendre, d’agir et de participer à la vie sociale.
Dans un domaine où il existe peu de pédagogies spécifiques, l’approche conductive se distingue comme l’une des rares à offrir un cadre structuré, positif et global, capable de répondre à la complexité et à la richesse des personnes polyhandicapées.
C’est la raison pour laquelle, Envoludia s’engage à poursuivre le développement de cette approche et à en partager les outils, pour offrir à chaque jeune un accompagnement profondément respectueux de sa singularité.
